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Au cours de la semaine du 16 au 20 janvier 2017, les étudiants de la deuxième année de philosophie de l’Institut Supérieur Privé de Philosophie / Maison Lavigerie ont eu la session sur l’introduction à l’Ethique Générale. Cette session a été vertueusement donnée par l’éminent enseignant chercheur monsieur SEMDE Cyrille, qui est aussi le directeur académique dudit institut. Cette session avait pour but d’introduire les étudiants à la réflexion critique sur les multiples aspects de l’expérience morale et sur les questions éthiques fondamentales. Il s’agissait de faire connaitre aux étudiants les théories éthiques et les éthiques appliquées. Elle s’est centrée sur les concepts d’ « éthique »,  de « morale », de  « vertu » et du «  bonheur ». De prime abord il faut dire que la morale et l’éthique s’identifient. La question d’éthique constitue un problème préoccupant aujourd’hui que ça soit du domaine  des sciences et des religions. Alors qu’est-ce que l’éthique ? L’éthique vient du grec « ethos » qui veut dire mœurs, un ensemble de valeurs, de règles de conduite que suit  un individu ou une société. À cela Eric Weil parle de « morale concrète » dans son œuvre Philosophie morale. Étymologiquement, l’éthique et la morale s’identifient alors qu’au sens strict, il existe une distinction entre les deux. En effet l’éthique relève  de la philosophie car elle prend en compte les exigences de la pensée philosophique, la réflexion, la critique, l’objectivité. En résumé l’éthique est une réflexion morale. En plus, l’étude de la pensée des grandes figures de la philosophie éthique tels que Socrate, Aristote, Kant, Habermas, Spinoza, des stoïciens, des épicuriens etc. a été pour nous fort appréciable et d’un grand intérêt. Et certains penseurs comme Socrate, Platon, Aristote, Saint Thomas d’Aquin, Spinoza, Kant ont basé leurs réflexions sur l’éthique de la vertu ou l’éthique du bonheur. Ainsi pour Aristote l’éthique relève de l’agir humain et tout agir, toute activité implique un but ou un objectif. Alors que l’agir humain est l’expression d’un manque. Pour lui, la fin ultime c’est le bonheur. Qu’est-ce que le bonheur ? À ce propos, la réponse prend une tournure subjective car l’idée du bonheur est relative et divergente. Sur cette partie la question que nous nous posons est : la vertu conduit-elle nécessairement au bonheur ?

       Par ailleurs, il était aussi question de l’éthique appliquée qui est la réflexion appliquée à la morale. Des réflexions sur la science, la technologie, l’économie, la médecine qui donnent lieu à des études dans les domaines tels que la bioéthique, l’éthique biomédicale, l’éthique économique et sociale. Avec Karl Otto Apel nous notons que l’éthique est très importante dans notre monde d’aujourd’hui tourmenté par la science et la technologie. Ces sciences engendrent des conséquences positives et négatives. Par exemple la dégradation de l’environnement, la menace nucléaire, l’artificialisation de la procréation, etc. Tout ceci entraine des risques pour la santé humaine et la survie de l’humanité. Que faut-il faire ? Étant donné que c’est un problème planétaire, il faut donc une éthique planétaire c'est-à-dire la recherche d’une éthique rationnelle et universelle, et plus particulièrement une éthique de la responsabilité. Cependant, il convient de nous demander si la pratique de la bioéthique à travers l’expérimentation biomédicale, l’acharnement thérapeutique de l’euthanasie et de l’eugénisme, la procréation médicalement assistée et la transplantation d’organes peuvent être  moralement acceptés. Il faut dire que toutes ces situations révèlent en effet la complexité du questionnement éthique contemporain.

 

                                                                             Jérôme MILLOGO,

                                                                              Étudiant Missionnaire d’Afrique,

                                                                               2e année Philo.