Le 15 décembre 2016, l’Institut Supérieur Privé de Philosophie a tenu une conférence. Cette conférence a porté sur le système LMD (Licence Master Doctorat). Avant  le début  de la conférence proprement dite, une prière d’ouverture a été dite par le Père Paulin KAKULE, modérateur de la conférence avant le mot d’ouverture et de  bienvenue du DG de l’institut, le Père Evariste SOME. Bien avant de donner la parole au conférencier, nous avons assisté à une large présentation de sa personne par le modérateur. La biographie qui  nous a été donnée, nous a laissés découvrir celui-là même qui est le Directeur des programmes du Conseil africain et malgache pour l'enseignement supérieur (CAMES). Dans sa présentation, le professeur s’est plus étalé sur deux points principaux à savoir les programmes du CAMES dans un premier temps et les exigences du LMD pour enseignants et étudiants dans un second temps.

            Présentant le programme du CAMES, le Pr NAPON nous a laissés entendre que le CAMES a été créé en 1966 et que de nos jours, il compte 19 pays membres. Cette création fut motivée par une volonté d’adaptation de l’enseignement supérieur au système mondial, le désir d’un fonctionnement optimal, la volonté d’une mise en place de techniques et de produits pertinents et enfin par le besoin d’adaptation des programmes aux attentes ou besoins africains et malgaches. Dans le souci de rendre claire les choses pour son audience, le Pr a expliqué les contextes de chacune des motivations ci-dessus énumérées.

            Dans la progression de sa présentation, le Pr Abou NAPON a mis étudiants et enseignants au parfum du système LMD - dont le fonctionnement était très peu connu de certains – en s’étalant principalement sur les exigences du système pour ces deux corps.  Le LMD a en effet pour but de favoriser l’excellence en luttant contre l’échec universitaire. Les avantages liés à l’application du LMD sont entre autres la reconnaissance, partout dans le monde, du diplôme obtenu, la facile mobilité des enseignants,   la possibilité de transferts de crédits, la facilitation de l’accès à l’emploi, etc. L’application d’un tel système ne revêt-elle que d’avantages ? Non évidemment. Le LMD a aussi ses exigences de part et d’autre. Aux enseignants, il a été demandé un changement de mentalité quant à la façon de dispenser les cours et à la manière d’évaluer. Ils doivent, avec ce système, considérer leurs disciples comme des personnes qui ont  ‘’ quelque chose ‘’ dans la tête et non comme des gens à qui il faut tout apprendre. L’étudiant quant à lui devra s’ériger en apprenant actif et cela implique le travail personnel. Il doit s’initier de façon effective  à la recherche  car se contenter des cours donnés dans les  amphithéâtres,  c’est faire preuve de négligence et donc, appeler l’échec.

            Après avoir pris une heure et demi de temps à nous mettre la puce à l’oreille, place fut faite aux questions. Ces questions d’éclaircissement ont poussé le directeur des programmes à donner des éclairages sur certaines zones d’ombres et à expliquer d’autres faits liés notamment à la difficulté de l’application du système dans les pays de la sous-région ouest-africaine et pour le cas spécifique du Burkina Faso. En tout cas, même si toutes les conditions  étaient réunies pour le LMD, il convient de dire que ce nombre grandissant des étudiants constituerait une entrave à sa mise en œuvre effective. Pour le Pr NAPON, c’est un leurre que de penser que tout le monde peut faire des études universitaires. «  Tout le monde ne peut pas aller à l’université », martèle-t-il.  La question maintenant est de savoir : ne sommes-nous pas suffisamment bien préparés pour une mise en œuvre inconditionnelle du LMD ? Et si non, quelles stratégies adopter ?

 

                                                                                                                                Nobila Grégoire GOUBA,  étudiant M. Afr.  Philo I